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D / Journal Le Figaro du mardi 22 octobre 1867 numéro 148 rédacteur en chef Hippolyte de Villemessant

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D / Journal Le Figaro du mardi 22 octobre 1867 numéro 148 rédacteur en chef Hippolyte de Villemessant

4 pages.

Bon état général , taches, froissures et plis marqués petites déchirures éparses selon les numéro.

 

Villemessant perce avec Figaro

Pendant un quart de siècle, de 1854 à 1879, cet homme a été honni ou respecté, selon les cas, de toute façon craint en tant que directeur d’un journal influent. Exactement depuis le 2 avril 1854, date où il ressuscita le défunt Figaro en en faisant un hebdomadaire. Il relevait ce titre qui, à l’origine, fut un quotidien fondé le 15 janvier 1826, par Maurice Alhoy et Auguste Lepoitevin Saint-Alme, et qui s’intitulait Le Figaro … Villemessant, lui-même, n’écrivait pas dans son hebdomadaire, mais il avait un génie : savoir choisir des rédacteurs de talent. Surtout, il avait une vision, des idées, et le sens de l’information qui intéresse les lecteurs. Un vrai patron de presse. Sa vision était celle d’un journal aux qualités typiquement françaises, léger, spirituel, fantaisiste, amusant, sachant créer la surprise à chaque numéro ; un journal essentiellement parisien, collant à son public, et lui retour¬ nant une image de gaieté souvent gouailleuse, parfois insolente, juste ce qu’il faut pour mettre le lecteur volontiers frondeur de son côté, sans aller jusqu’à mécontenter le Pouvoir ; l’image même du héros de Beaumarchais.

Des idées, Villemessant en avait, à jet continu, et certaines ont fait école. C’est lui qui, le premier, a tracé la place, fixée une fois pour toutes, des rubriques régulières, de façon à ne pas désorien¬ ter le lecteur et à lui permettre d’aller tout de suite à telle page retrouver sa rubrique préférée. De même a-t-il innové en créant les “brèves”, ces petites informations très précises, écrites en peu de mots, à la façon d’une dépêche d’agence, et qui constituent, pour un journaliste débutant, l’exercice le plus difficile. « Faites court ».. Cette méthode peut paraître injuste, et brutale, mais elle repose sur cet axiome : le lecteur, comme tout client, a toujours raison. À cet effet, « le lecteur ne doit pas se poser de questions, ni sauter des paragraphes. Tout doit être clair et vivant » m’a déclaré le jour de mon arrivée mon premier maître en journalisme. Il avait raison, comme Villemessant. La preuve, c’est le succès constant de la for¬ mule du Figaro hebdomadaire, au point que moins de deux ans après son lancement, le patron décida de paraître deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche. Cela commença le 6 janvier 1856. Tout alla bien, et l’heureux patron créa d’autres titres, plus ou moins éphémères, mais destinés à occuper le terrain et à empêcher des concurrents de se placer. Et puis, cela l’amusait… dès le 16 novembre 1866 paraissait un nouveau quoti¬ dien, Figaro , qui prenait ainsi la relève de Z Événement. Dès le n° 2, le 17 novembre, Figaro devenait Le Figaro avec en moins la vignet¬ te de titre représentant Figaro, et en plus le nom de Villemessant comme rédacteur en chef remplaçant celui de B. Jouvin. Hormis le changement de titre, rien de nouveau. Le style fantaisiste restait la règle. Rendu prudent par le coup de sabre du gouvernement, Villemessant évita tous les sujets sérieux qui risquaient de le fâcher, la politique principalement, et même les articles économiques ou financiers. Les chroniques judiciaires et les faits divers, les comptes rendus de spectacles, les échos parisiens, tout ce qui avait fait le succès de Figaro hebdomadaire devait continuer sans risque à assurer la pérennité de ce quotidien. En rusant de la sorte avec la censure, ce Figaro mérita le mot de Sainte-Beuve, « le Journal des Débats de la petite presse ».

Mais il continue d’innover. Pour la première fois, un huissier, requis le 7 décembre 1866, constate officiellement que le tirage du Figaro s’élève à 56 000 exemplaires, dont 15 000 pour les abonnés. Jamais un journal, dans les mains de Villemessant, n’avait atteint ce score, loin pourtant du phénoménal Petit Journal de Millaud qui tirait à près de 300 000 exemplaires. (Extraits des Cahiers Edmond et Jules de Goncourt  de Barbier Sainte Marie, Alain 1999).

 

 

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